année 5
Ventoux Rouge et Luberon Rosé
Une sortie d’hiver précoce et un printemps pluvieux nous avait ravi. Malheureusement ce qui risquait d’arriver est arrivé, entre le 19 et le 23 avril une vague de froid est entrée dans les terres et a emporté avec elle nos espoirs de produire un joli rosé et de nous essayer à la vinification d’un pinot gris ou d’un vieux carignan.
Seules les parcelles situées en hauteur ont été épargnées, et à la frustration de voir nos belles vignes devenir marron puis noires, puis de nouveaux vertes mais sans raisin ou presque, c’est bien évidemment l’incidence économique d’un tel évènement qui nous affecta le plus. Année 5 c’est tout de même l’année de commentaires de qualité dans le Guide Bettane Desseauve, une sélection dans la Revue du Vin de France par Roberto Pétronio et la confirmation de belles notes par Jeb Dunnuck.
Tant pis pour le rosé, il nous restait des bouteilles du millésime 2023 et cela nous a permis de couvrir les demandes du printemps et de l’été 2025, prouvant si besoin en était encore qu’un rosé du Luberon conserve toutes ses qualités, aromatiques et gustatives bien au-delà d’une année. Notons ici le travail important effectué par l’AIRT, association internationale des rosés de terroir pour promouvoir les rosés de garde auprès des consommateurs mais surtout des professionnels.
Cela dit, revenons-en aux cuvées produites en 2024. Le Ventoux blanc est un assemblage de 55 % de grenache blanc, 30 % de clairette et 15 % de rolle (nous n’avons plus le droit d’écrire vermentino depuis la reconnaissance de deux AOP sardes qui incluent le nom du cépage dans leur
dénomination).
Plus vif et plus frais que le 2023, un peu moins alcoolisé aussi (12,5 %), il sera parfait servi en apéritif, mais aussi, évidemment sur des poissons (ailes de raie, loup, truite de la Sorgue) et des fromages frais comme les pélardons d’Uzès, le Bleu du Vercors ainsi que le Saint-Nectaire.
Le Ventoux rouge, composé de 60 % de grenache, 20 % de syrah et 20 % de mourvèdre a été mis en bouteille au mois de juin 2025. Nous espérons ne pas avoir à le mettre sur le marché avant la fin de l’année 2026.
Il nous rappelle en effet notre premier millésime, le 2020, qui les premières années était fermé, consistant sans être puissant et nécessitait un gros carafage pour s’exprimer pleinement. Le rouge 2024 est dans la même veine, il lui faudra du temps pour se dévoiler, et chance que nous n’avions pas à l’époque, nous pouvons désormais nous réjouir de la finesse du 2020, du fruit du 2021, de la concentration du 2022 et de l’élégance du 2023 pour attendre l’apogée de l’Arnia 2024 !
Cépages
60% Grenache
25% Syrah
15% Mourvèdre