Un automne et un hiver pluvieux, des beaux jours qui arrivent tôt en saison, puis de nouveaux des pluies et pour clore un début de saison végétative instable, un été sec et caniculaire. Un de plus il faut bien le dire, avec pour conséquences des vendanges précoces, très saines, très concentrées et au final, après vinification, un millésime 2025 de grande qualité. Notre enthousiasme est cependant pondéré par la faiblesse des rendements, notamment en AOC Ventoux, la plus solaire de nos deux appellations.
Un été sec et caniculaire c’est toujours synonyme de fatigue et d’envie de partir se réfugier en bord de mer, ou, au contraire, dans les montagnes, en hauteur, là où les nuits sont fraîches et reposantes. Pour cette sixième année d’existence du domaine Arnia nous avons pu produire nos trois cuvées fétiches en apportant toutefois de légères modifications dans leur processus d’élaboration.
Le Ventoux blanc 2025 est issu d’un assemblage non pas de trois mais de quatre cépages, le viognier étant venu compléter la base de grenache blanc, clairette blanche et rolle habituellement mise en œuvre.
Le Luberon rosé, comme à son habitude est majoritairement issu de syrah mais cette année le grenache noir a remplacé le « vermentino », nom dont l’usage nous est désormais interdit suite à la reconnaissance de deux appellations de Sardaigne qui incorporent ce terme dans leur dénomination. Il faut donc désormais l’appeler « rolle », comme le font les vignerons des Bouches-du-Rhône et du Var. Cette conséquence juridique est plutôt fâcheuse pour les vins du sud de la France, et l’on se demande par quel stratagème ces deux indications géographiques ont-elles pu se réserver, privatiser, monopoliser l’usage d’un nom de cépage qui nous est commun alors que clairette, muscat, cabernet peuvent toujours appelés de leur vrai nom malgré les appellations Clairette de Die, de Bellegarde… Cabernet d’Anjou, Muscat de Beaumes-de-Venise…. C’est étrange Solange !
Quand au Ventoux rouge du millésime 2025, au deux tiers constitués de grenache noir, contrairement aux millésimes précédents il ne fera pas l’objet d’un élevage en cuve béton mais pour 600 litres seulement de tout ce que avons récolté, en demi-muids d’occasion acheté à un grand domaine de la vallée du Rhône.
Le Ventoux blanc et le Luberon rosé ont fait leur apparition sur les salons et les étals de nos revendeurs au printemps 2026, le Ventoux rouge on ne sait pas lorsque nous le mettrons en bouteille, on en reparlera après les vendanges 2026. D’ici là, de l’eau aura coulé sous le Pont Julien, ce magnifique pont romain situé entre Apt et Bonnieux qui surplombe le Calavon depuis plus de 2000 ans.